COMMISSION DES COMMUNAUTÉS EUROPÉENNES

Bruxelles, le 6.4.2005
COM(2005) 111 final

COMMUNICATION DE LA COMMISSION AU CONSEIL ET AU PARLEMENT
EUROPÉEN

Programmes communautaires Douane 2013 et Fiscalis 2013

{SEC(2005) 423}

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3. DEFIS POLITIQUES A RELEVER POUR LES FUTURS PROGRAMMES

3.1. Douane


Il restera indispensable d’assurer une mise en oeuvre commune de la législation douanière communautaire pour éviter les distorsions du marché. Sur le plan de la mondialisation des échanges, les activités des douanes doivent être cohérentes par rapport à l'objectif qui consiste à préserver la compétitivité de l’Union européenne. Il faut donc que les douanes veillent à la fluidité des échanges, tout en procédant au contrôle nécessaire des risques que le commerce extérieur pourrait représenter pour la sécurité, la santé, la sûreté et les intérêts économiques de l’Union.

Les douanes sont particulièrement bien placées pour contribuer à relever le nouveau défi de la sécurité de la chaîne logistique. Exerçant un contrôle sur tous les aspects des mouvements internationaux, elles ont une vue d’ensemble de tous les acteurs, que ce soit à l’intérieur de l’UE, à la frontière extérieure ou dans des pays tiers. La charge du contrôle de la frontière extérieure de la Communauté incombant démesurément aux nouveaux États membres, il importe aussi d’examiner la possibilité de soutenir financièrement des opérations communes destinées à renforcer l’intégration des contrôles.

Seule l’application d’une gestion commune des risques permet un contrôle efficace. La gestion des risques doit être intégrée dans tous les aspects du travail des douanes, notamment les systèmes informatiques, et faire aussi l’objet d’un suivi et d’un développement constants.

Pour que la gestion des risques et la construction de profils de risque soient performantes, il faut garantir un échange rapide d’informations entre les points de contrôle douanier et avec d’autres organismes.

Afin d’éviter de graves distorsions des échanges et les risques susceptibles de porter atteinte à la sécurité de la Communauté, les efforts entrepris pour mettre efficacement en oeuvre les contrôles en tout point du territoire douanier de la Communauté devront se poursuivre. Ces efforts supposent le déploiement, sur le terrain, d’actions qui mettent spécialement l’accent sur la définition et le suivi de normes de contrôle et assurent aux administrations douanières nationales des moyens adéquats pour atteindre ces objectifs.

L’élaboration et la mise en oeuvre de nouvelles pratiques de travail, la coopération renforcée9 et le partage systématique de pratiques communes, s’appuyant sur l’évaluation, le suivi et la communication d’informations, constituent autant de préalables pour faire face aux risques liés à la sécurité et garantir un haut niveau d’efficacité des contrôles douaniers. Les actions menées dans ce domaine contribueront aussi à répondre aux attentes des diverses parties intéressées, en particulier en ce qui concerne la réduction du coût de mise en conformité que supportent les opérateurs économiques. Il est également important d'assurer la complémentarité entre les activités dans le domaine des douanes, financé par le programme Douane 2013, et des activités dans le domaine du contrôle des personnes aux frontières extérieures, y compris ceux de l'agence de frontière extérieure.

Les douanes doivent s’attaquer efficacement au préjudice économique considérable causé par la contrefaçon et la piraterie, dont elles sont la principale source d’interception. À cet effet, elles peuvent opter, entre autres mesures, pour l’amélioration des indicateurs de risque.

Pour donner suite à ces questions prioritaires et tenir compte de la tendance à privilégier de plus en plus l’administration en ligne, une modernisation et une profonde simplification de la législation douanière s’imposent, même si elles ne sont pas suffisantes.

Il faut aussi impérativement développer de nouveaux systèmes intégrés ou remodeler ceux qui
existent. Seul le programme rendra l’initiative de douane électronique10 pleinement opérationnelle. Du point de vue informatique, il permettra la transmission des déclarations en douane entre les bureaux de douane de différents États membres, tout en offrant la possibilité d’échanger des informations avec les bases de données disponibles. La gestion du risque s’en trouvera améliorée pour les marchandises importées ou exportées, mais aussi les formalités en douane, lorsque le bureau d’entrée ou de sortie se situe dans un État membre autre que celui du bureau d’importation ou d’exportation.


3.2. Fiscalité

La Commission estime que la première priorité de la politique fiscale consiste à répondre aux préoccupations des particuliers et des entreprises qui effectuent des transactions dans le marché intérieur, en mettant l’accent sur l’élimination des entraves fiscales à toute forme d’activité économique transfrontalière. Il lui a par ailleurs semblé nécessaire de traiter d’autres questions qui ont une incidence négative sur le fonctionnement du marché, notamment la lutte contre la concurrence fiscale dommageable et la fraude.

L’ensemble des instruments juridiques de coopération dans les domaines de la TVA, des droits d’accise et de la fiscalité directe, ainsi qu'en matière de recouvrement, ont été récemment renforcés. Ces instruments ont permis de consolider une structure de coopération administrative déjà bien développée et efficace, qui s’appuie sur le programme Fiscalis. Le programme de nouvelle génération devrait prolonger les travaux entrepris dans le cadre des programmes en cours et viser à améliorer la compréhension et la mise en œuvre de la législation communautaire, la coopération, les procédures applicables aux administrations et aux assujettis, la diffusion des bonnes pratiques administratives et la lutte contre la fraude.

L'échange de renseignements entre administrations joue un rôle important pour résoudre un certain nombre de problèmes complexes. Il permet, entre autres, une imposition effective des revenues de l'épargne. De même que pour la TVA et les droits d’accise, l’option de l’échange d’informations est pratiquement considérée comme une condition indispensable à toute avancée. En ce qui concerne la TVA, la proposition de la Commission11 d'instaurer un guichet unique pour les entreprises effectuant des opérations dans plusieurs États membres et la proposition de modifier le lieu de prestation de services illustrent bien cette philosophie. On estimera très probablement, à l’avenir, que la première chose à faire sera de mettre au point une solution informatique.

La nécessité toujours plus manifeste d’améliorer la transparence et l’échange efficace des informations ne se limite pas aux États membres ou aux pays limitrophes de l’UE. En participant à la promotion active de saines pratiques, comme le prévoit la communication de la Commission intitulée «Prévenir et combattre les malversations financières et pratiques irrégulières des sociétés»12, le programme Fiscalis pourrait apporter une contribution précieuse à une réforme dans les paradis fiscaux coopératifs et, plus généralement, dans les pays partenaires de l’UE. Les enseignements tirés de récentes affaires de fraude retentissantes
ont convaincu la Commission de la nécessité d’élargir le recours à la coopération administrative pour éviter que des entreprises peu scrupuleuses manipulent les règles.

9 Plus particulièrement avec l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (Règlement du Conseil 2007/2004 du 25 novembre 2004).
10 COM(2003) 452 du 24.7.2003 (JO C 96 du 21.4.2004, p. 5).
11 COM(2004) 728 du 29.10.2004 (JO C 24 du 29.1.2005, p. 9).
12 COM(2004) 611 du 27.9.2004.


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